Galerie des Templiers

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El PRADINO

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  Biographie de EL PRADINO :

Mieux vaut s’en extraire et tenter ce qui parait, au premier abord, invraisemblable : s’inventer en faux schizophrène et modeler à partir du vide. Créer une nouvelle ligne de fuite dans l’horizon pour s’éloigner, ne serait ce qu’un instant, de la réalité du monde. Au départ, il y eu donc ces tentatives un peu abstraites, ces bribes de pixels défigurées, trafiquées, remodelées ; ces courbes fantomatiques qui s’évanouissaient dans l’air, presque en vain. La découverte d’un nouveau moyen d’expression. Le message était clair, il n’y en avait aucun.

El Pradino, jeune artiste de 24 ans aux racines américaines et norvégiennes, tentait alors de reconstituer son imaginaire, pour faire entrevoir à d’autres, un monde fantasmé.  Puis les temps ont changé et le champ de ce fameux « royaume des potentialités innombrables » s’est considérablement rétréci. L’artiste a parcouru le monde occidental et l’a contemplé avec un étrange mélange de fascination et de dégoût. Il a ramené dans ses bagages divers photographies qui lui servent aujourd’hui de base pour réinventer la ville.

El Pradino tente à travers ses clichés semi-synthétiques d’anticiper ce qui pourrait être le grand vide de demain. Un espace urbain saturé de publicités à outrance, de logos de multinationales, d’édifices immenses et sans âmes. Dans ce marasme surnagent néanmoins quelques bribes du passé qui nous renvoient à nos identités (des monuments, des symboles religieux) et de multiples allusions à la pop-culture voire à la contre-culture dans laquelle le créateur a baigné depuis son enfance.

Pointant du doigt ces villes hallucinées et la société de consommation qui leur sert de socle, El Pradino se rapproche, avec ses montages urbains fourmillants de détails et de paradoxes, d’une certaine forme de contestation à la fois poétique et politique héritée des dadaïstes du XX ème  siècle qui usaient du photomontage pour dénoncer et choquer. Élargissant son constat aux hommes publics, il brode également quelques portraits de personnalités qui se veulent, malgré elles, emblématiques d’une époque où tout est récupérable et interchangeable. Une histoire de symbole et d’esthétisme, forcément moderne.

Au final, l’imaginaire fragmentée des débuts a peu à peu laissé sa place à une réalité omniprésente et presque toujours oppressante. Une évolution plus qu’évidente au regard de l’état du monde. Le résultat s’en trouve bouleversé mais le moyen d’expression reste le même : créer, capturer, détruire, reconstruire pour livrer sa propre interprétation du monde. Ceci n’en est finalement qu’une très simple représentation.

 

 

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